Avez-vous déjà imaginé ce qu'est l'Enfer ? Ici, vous le saurez vraiment. Personne ne viendra vous aider. Vous auriez dû y réfléchir avant de vous faire attraper !
 

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 Ahuura Nah || ~ Blind colors ~ || [Personnel - en cours]

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Messages : 1 Date d'inscription : 17/09/2018 Age : 19 Féminin
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'' My eyes are up here, you know?''

   My identity ☆Nom : Nah
Prénom : Ahuura
Âge : 26 ans
Nationalité : Americaine
Sexualité : Homosexuelle
Emploi : Professeur
Délit(s) : ///
Qui vous a envoyé ici ? : Mon ego et ma curiosité
Nom de l'effigie de votre personnage manga : Camilla De Nohr, venant de Fire Emblem Fates


what about my face?

Fixant mon miroir, je toisais ce doublon qui était le mien. Je le connaissais par coeur, je me connaissais, et pourtant, il me semblait étrangement lointain et inconnu. Irréel,  tel le reflet des nuages vascillant sur les douces vagues de l'océan. Oui, cette vision de moi-même me laissais un goût amer chaque matin tant elle semblait trop parfaite, trop soignée pour être moi. Alors, du bout des doigts, j'effleurai l'immuable reflet qui me faisait face.

Peint sur cette toile lisse, ce portrait de fusain et de pastel soutenait mon regard. Son teint semblait plus immaculé que le blanc de papier, et les courbures généreuses de sa silouhette, attisant facilement les regards, étaient finement dessinées comme de la main d'un artiste habile.
La moitié de son visage était voilé par ses cheveux lilas, qui arboraient cette douce teinte parme en ondulant avec délicatesse, tel un tracé d'aquarel poursuivant sa course le long de son corps, jusqu'à ses hanches.
Seul son oeil droit restait visible, contrairement à son voisin lointainement caché dans les champs de lavande. Il brillait d'un éclat pourpre, comme taillé dans une améthyste. Pourtant, il avait comme quelque chose d'envoûtant telle une mélodie charmant un serpent plutôt que de précieux comme une telle pierre. Car il était si facile de s'y perdre, que sa profondeur pouvait rivaliser avec le plus sombre des gouffres de l'Enfer.

Ce reflet était celui d'une belle femme, bien habillée, au décolleté aussi ouvert qu'une rose en floraison. C'était une douce vision certe, mais aussi une douce illusion. Je portai alors ma main à mon visage, et soulevai ma chevelure pastel qui rongeait mon visage.

Si généralement les personnes qui m'entouraient ou que je rencontrais se plaisait à faire face à cette image parfaite et voluptueuse, mon vrai visage, celui que moi j'appréciais, se trouvait sous ces mèches violacées que je ne relevais presque jamais. Comme deux faces d'un même tableau, comme deux mondes qui se recoupaient, et à l'image la noirceur de l'humanité ; des cicatrices prenantes léchaient cette partie de mon visage, telles des flammes ardentes avides d'embraser leur territoire. Elles dévoraient cette délicate peau de porcelaine, cet oeil gauche éteint et clos,  et semblaient en entacher la pureté.

Dans ce simple geste, je trouvais la satisfaction de pouvoir défigurer ce portrait trop parfait dessiné dans mon miroir, qui reprima alors l'esquisse d'un sourire narquois.


All inside my head ~

DESCRIPTION DU CARACTÈRE : 5 lignes minimum.



This is my story, not a fairy tale...
Entendez-vous ces cliquetis incessants, ce vacarme mécanique au son cuivré qui se répète inlassablement ? Entendez-vous cette symphonie désaccordée de la danse des rouages, immuable, qui nous entraîne chaque jours ?

Allons, soyez honnêtes, vous aussi vous la connaissez, vous aussi vous y faites face quotidiennement. Je suis sûre que si vous tendez l'oreille, vous l'entendrez ; si vous ouvrez les yeux vous saurez… C'est elle. Cette machine, c'est l'assassin du temps, la dictatrice du destin ; celle qui plie les hommes à sa volonté cynique, celle avec qui nous dansons chaque jour sans pouvoir nous extirper de ses tendres bras illusoires... C’est elle, celle que l'on nomme « la Routine ». Vous aussi , elle vous a injecté son poison dans vos veines, et depuis son envie de stabilité vous accable. Elle vous a rendu amoureux face aux jours paisibles qui reviennent encore et encore, aux saisons qui se succédent. Elle vous rassure, et ça vous convient, d'entendre votre réveil tous les matins à la même heure, de voir les mêmes sourires et les mêmes lueurs.
Ne vous méprenez pas cependant, je ne vous juge pas, moi aussi j'ai autrefois été touchée par ce doux curare, je sais de quoi il en retourne… Et je le regrette même parfois, car il n’y a d’illusion plus paisible que de tranquilles jours qui se répètent. Mais quelque chose en moi bouillonnait, refusait de prendre sa main faussement chaleureuse ; je n’arrivais pas à me plier à elle et rentrer dans le moule…
On dit que la plupart des gens qui sortent ainsi du moule sont des originaux, des fous, des criminels, et par les temps qui courent que leur place était en prison.
Oui je fais partie de ceux là, de ces étranges qu’on cherche à éviter, mais bon, au moins je me suis retrouvée du bon côté des barreaux. Je n’ai pas fini sur cette île en tant que numéro, entre quatre murs d’une boîte qui sert de cage ; même si après tout, je l’avoue, je l’aurais peut-être mérité...


D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours vécu dans le Bronx. La réputation de ce joli petit coin pas vraiment paisible parle d’elle-même, n’est-il pas ? Mon père était immigré, il venait de par delà la frontière, et a rencontré ma mère là bas, dans ce « bas quartier » de New York. Un immigré et un americaine pauvrette qui vivait dans le Bronx, voilà la belle affaire ! Rien de bien folichon ou d'extraordinaire à en tirer, croyez-moi, ils ont juste commencé a suivre ensemble leur chemin, au cœur de ce bitume grondant qui m'a accompagnée depuis ma naissance.
À l’époque où j'ai vu le jour, le Bronx n’était pas encore si dynamique ni encadré qu’aujourd’hui, et la violence n’avait donc pas encore chut. C’était un peu le "Dawa", si vous voulez, mais… Non, en fait, vraiment, c’était le "Dawa". Mes jours furent tôt rythmés par la petite frappe, les bandes, la vie de cité avec ses avantages et ses inconvénients en somme. En fait, ma Routine, je ne la voyais pas encore comme une machine, telle que nous en parlions plus tôt ; mais plus comme le vacarme quotidien de cette vie bercée par le bruit lointain des klaxons, de ces crissements citadins monotones, de la fumée de cigarette, des crachats et des rires, du son des souffles et des râles d'ivresse, sans oublier les claquements de mains à chaque fois que des acolytes d’un même groupe se croisaient. Voilà, ça, c’était mon enfance, mes habitudes de tous les jours ; ma vie de rue, pour bien résumer. Inconfortable mais dans laquelle je me trouvais bien pourtant, dans laquelle j'ai pu grandir.

Mais voilà, dans le Bronx, là bas, tout dépendait du pouvoir municipal ; et si tu perdais tes parents dans une affaire louche qui respirait le règlement de bandes, et qu’ils voulaient pas se mouiller et suivre l’affaire… Et bien ils enterraient le dossier, tout simplement. Le "Dawa" quoi, vous disais-je, le vrai. Et moi? Moi j'étais là, gamine de la quinzaine d'années, au milieu de ce joyeux carnage, et bien sûr , c'était tant pis pour moi. La lune n'avait pas cessé sa course dans le ciel quand c'est arrivé, les étoiles sont restées muettes devant ma solitude, et je n'avais que la brise fraîche pour caresser mes joues où coulait de l'or limpide. Alors, la rue était réellement devenue ma Mère.
Ce n'était plus la rue, mais La Rue. Cruelle mais juste, où que j'aille elle était là pour moi, elle me rassurait parfois, et me ramenait à la dure réalité d'autres fois. Elle pouvait arborer un si beau visage certains jours, et pouvait briller de mille feux, comme montrer sa grisaille et sa colère. Je connaissais ses trottoirs comme si c'étaient ses bras qui m'enlaçaient, et elle me chantait la même berceuse chaque soir. Son souffle parfois chalheureux, parfois frais, accompagnait le mien, fébrile, peu importe son rythme. La Rue a donc suivit mon enfance, mon adolescence, elle m'a présenté des amis aussi. À ses côtés,  j'ai beaucoup appris. C'est là que j'ai compris. Le vie, la routine, ce n'était qu'une énorme machine, dont il fallait suivre le rythme, s'abandonner à elle pour se rassurer, pour survivre. C'est sa mécanique entraînante qui m'a poussée à garder la main de La Rue, ma Mère, telle une enfant égarée.

Seulement voilà, elle ne m'avait pas vraiment conduit sur le bon chemin, ma Mère. De la petite frappe j'étais passé au vol, de la bagarre aux vraies violences, et surtout de la bande aux gangs. Plus les années s'écoulaient, plus mon chemin s'assombrissait en ce sens, et pourtant la criminalité était de plus en plus réprimée avec le temps. Les jugements et les emprisonnements devenaient fréquents. Après toutes ces années de silence, les forces municipales ont finalement commencé à agir et à s'organiser pour l'oppression de la violence. L'étau se resserrait petit à petit sur moi... C'est lors d'un règlement de gangs, que ce piège se referma véritablement. Nous étions 3 gangs sur place, dont le mien, et nous avons commencé à nous battre comme des chiens sauvages, armés, comme si nos crocs aiguisées n'attendaient que de se planter dans la chair de nos ennemis, comme si la rage qui papillonnait dans nos ventres était un instinct  trop longtemps oublié. Allez savoir ce qui nous avait pris de nous livrer à une telle mêlée où tous les coups étaient permis, d'autant plus je ne sais moi-même plus de quoi il était question; sans doute de territoire ou de trahison pour que ce soit si violent et que même des civils sur place soient impliqués. Les forces de l'ordre sont arrivés quasiment en même temps que les secours, et le désordre régnait en maître sur les lieux, au point où démêler victimes et bourreaux fût difficile.
C'est là que la chance a tourné en ma faveur. À moins que ça ne soit le hasard, ou au contraire le destin... Je ne vais pas vous mentir, je ne me souviens guère de la fin de ce combat acharné, si ce n'est  de l'odeur âcre qui prenait mes poumons, de la vue trouble qui m'empêchait de distinguer qui voulait me proteger ou m'achever, du pavé froid de la rue où nous oeuvrions, ainsi que du gout amer du sang dans ma bouche. Tout était devenu si trouble, si sombre, si glacial.
Lorsque je m'étais réveillée, j'étais à l'hôpital. Tout mon corps était parcouru de douleurs, quelques fins tuyaux relayaient mon bras à une perfusion, et surtout, la moitié de mon visage avait été perdu dans la bataille, et se retrouvait maintenant rongé de blessures, et pansé. Malgré le flou qui encombrait mes souvenirs, j'ai vite compris que je n'avais pas été embarquée avec mes camarades, les autres membres de mon gangs, mais qu'on m'avait crue... simple civile.


Je vous arrête cependant dans vos pensées: je n'y ai point vu un second souffle, ni une porte donnant sur une nouvelle vie à commencer, ou un moyen de me racheter. Il ne s'agissait pas d'une prise de conscience qui a éclairé ma voie, ou d'une quelque calomnie de ce genre. Ça, ça ne vaut que pour les héros des films, et je ne suis ni une héroïne, ni un personnage de film. Je vis dans ce monde, comme vous, comme tous ces gens que l'on peut voir marcher dans la rue. Je suis humaine, avec sa noirceur, son point de non retour ; et mon passé m'a pourrie jusqu'à la moelle. La criminalité, c'etait tout de même ma Mère, La Rue, qui me l'avait inculqué, et cela faisait comme partie de moi depuis lors. Cette violence et ce bas-fond humain après tout, faisaient de moi une de ces originaux que l'on voulait tant enfermer, de ces fous étranges qui ne rentraient pas dans le moule, qui se refusaient à l'ennui de La Routine, qui ignoraient les codes faussement tracés par la société; et j'y trouvais là une certaine satisfaction. Disons qu'avoir joué ainsi aux pions, qu'avoir offert ma vie au danger, qu'avoir perdu la moitié de mon visage et qu'être criblée de cicatrices m'a fait comprendre que la criminalité que je cherchais, pour satisfaire mon égo, n'était pas celle d'une actrice mais d'une spectatrice. Oui, pour faire pétiller mon âme et me sentir vibrer et vivante, à l'écart des rouages redondants de La Routine, ce n'est pas "mettre sur la gueule des autres" qu'il me fallait, mais "regarder les autres se mettre sur la gueule".

À ma sortie de l'hôpital, j'ai commencé à me reprendre en main pour changer de vie, et m'éloigner des "acteurs", et m'accrocher à mon idéalisme de "spectatrice". J'ai trouvé un endroit où vivre loin du Bronx, commençant a prendre goût au confort que je n'avais jamais connu jusque là, puis, je me suis mise à étudier, je savais ce que je voulais faire, devenir. Alors j'ai continué ma route vers la violence idéale, et je suis devenue professeure en millieu carcéral. Être professeur dans ce milieu, c'était  vivre dans un milieu empli de violence, etre si proche de la criminalité, sans pour autant être touchable. C'était pouvoir échanger avec les détenus, et pouvoir autant les étudier que leur permettre d'étudier. C'était assouvir ma curiosité et non mon instinct. C'était ne voir aucun jour semblable. J'étais libre d'aller enseigner de prison en prison, en me delectant toujours autant du mal.

Et c'est finalement sur cette île que j'ai trouvé les premières loges d'une représentation que j'avais tant attendue.



Entendez-vous ces cliquetis incessants, ce vacarme mécanique au son cuivré qui se répète inlassablement ? Entendez-vous cette symphonie désaccordée de la danse des rouages, immuable, qui nous entraîne chaque jours ?

Vous reconnaissez cette mecanique plus regulière que celle d'une horloge, plus fine que celle d'une montre, et plus sophistiquée que celle d'un orgue? C'est elle. Cette machine, c'est l'assassin du temps, la dictatrice du destin ; celle qui plie les hommes à sa volonté cynique, celle avec qui nous dansons chaque jour sans pouvoir nous extirper de ses tendres bras illusoires... C’est elle, celle que l'on nomme « la Routine ». Il ne tient qu'à vous de vous débarrasser de son tic-tac redondant, de l'ignorer, de vous boucher les oreilles... Je sais comme ce qu'elle offre peut vous sembler confortable, mais en ce qui me concerne, je n'ai jamais autant eu l'impression de vivre et d'avoir réellement trouvé mon chemin que depuis que je ne l'entends plus.

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